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S'entrainer seul au karuta !

  • francekaruta
  • 30 juil.
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juil.


Chers joueurs et chères joueuses de karuta, bonjour !

 

Avant un tournoi, avant un voyage au Japon ou même juste parce qu’on veut gagner plus de matchs au prochain entraînement, parfois on se demande ce que l’on pourrait faire pour s’entraîner seul et progresser.

Le problème, c’est que bien souvent, on ne sait pas trop comment s’y prendre.

On peut s’entraîner à faire des matchs seuls, au début, cela aide à faire progresser, mais très vite, on devient flemmard et on arrête de se donner et fond et on se met à simplement ramasser les cartes, et à partir du moment où l’on ne se donne pas à fond, l’entraînement cesse de faire faire des progrès.

 

J’ai donc 3 entraînements à vous proposer dans cet article qui ne prennent pas tant de temps et qui sont faisables à tous les niveaux.


1 – L’entraînement de mémorisation.

 

On fait 2 paquets de 25 cartes qu’on laisse face cachée, et à ce moment-là on lance le chronomètre.


 

On place les deux terrains alors que le chronomètre tourne, une fois qu’on a terminé de placer les 2 terrains on appuie sur le bouton « tour ».

 

 

On mémorise tout puis on retourne toutes les cartes à l’envers.



On retrouve toutes les cartes ou en tout cas toutes celles dont on se souvient. Et, seulement à ce moment-là, on peut arrêter le chronomètre. Sur la photo ci-dessous qui n'est pas une mémo que j'ai vraiment faite mais juste une image pour illustrer on peut voir que j'ai retrouvé 48 cartes sur 50, je me suis trompé pour Wagaso chez l'adversaire et Kokoroni chez moi.



On est donc partie d’un chronomètre à zéro et de deux paquets de cartes retournés et pas encore placés et pendant le temps du chronomètre, on a :


-          Placé les deux terrains

-          Mémorisé les deux terrains

-          Retourné et retrouvé toutes les cartes.

 

Pour que votre mémorisation ne soit pas un handicap lors d’une partie de karuta il faut être capable de faire moins de 10 minutes et au minimum 48/50 cartes retrouvées à cet exercice. Mais bien sûr plus votre temps est bon plus vous serez à l’aise pour mémoriser en partie.


A titre personnel, je fais en moyenne entre 6 et 7 minutes et mon meilleur temps est juste au-dessus de 5 minutes. Et pour moi le meilleur temps théorique à partir duquel on serait suffisamment bon en mémorisation pour que ça ne serve plus à rien de s’entraîner serait en dessous de 3 minutes.

 

2 – L’entraînement de réaction

 

Dans le karuta le plus joué au Japon qui est le karuta offensif, il existe un principe très important, viser le terrain de son adversaire, le prendre de manière consciente en y faisant attention. Et tout en ce faisant comme on connaît par cœur l’emplacement de notre terrain, si on sait que la carte est en jeu, mais qu’elle ne fait pas partie des cartes qui sont chez l’adversaire notre corps devrait être capable de la prendre automatiquement chez nous à son emplacement habituel.

On vise donc de manière consciente de l’adversaire. いしきてきに

On prend donc ses cartes sans avoir à y penser. むいしきてきに

 

Pour améliorer sa connaissance de son terrain et sa réaction de manière globale, c’est à dire sur nos cartes comme sur les cartes de l’adversaire, on peut donc faire l’entraînement suivant :

 

On dispose 6 cartes sur son terrain, une sur chaque rangée.

 

 

On fait défiler les poèmes, et à chaque poème lu, on prend l’emplacement où on l’aurait placé si la carte avait été chez nous. Bien sûr on essaie de réagir le plus vite possible. Une fois qu’on a replacé les cartes on peut directement appuyer sur le bouton skip ou random de notre playlist pour passer au poème suivant.


Ainsi on peut réagir sur les poèmes sans avoir besoin de faire une mémorisation au préalable et on peut s’entraîner à bien réagir une fois toutes les 5 à 10 sec, on peut sans problème faire 10 prises en 1 minute, soit 200 réactions en 20 minutes, ce qui est bien plus que ce qu’on pourrait espérer faire en match.

 

3 – L’entraînement de kikiwake.

 

En japonais kiku veut dire écouter et wakeru veut dire séparer, le kikiwake c’est donc écouter et séparer, c’est-à-dire qu’on écoute seulement le début d’un poème. Par exemple, on écoute « Aki », et seulement avec les deux premières syllabes on s’entraine à être capable de savoir si le troisième son va être « no » ou « ka ».


Dans le manga chihayafuru, Chihaya est capable de distinguer les sons légèrement avant, mais la première fois que j’ai vu ça et que je les ai entendu parler de kanji (feeling, ressenti) qui permettait de connaître la bonne carte en avance. Quand j’ai entendu la faiblesse du lecteur, lecture colorée et tout ce genre de chose, je me suis dit que c’était de la fantasy, que c’était simplement quelque chose pour rendre l’anime plus intéressant…


Pourtant, dans la réalité, certaines personnes arrivent vraiment à prendre les cartes avant la syllabe déterminante, est-ce que c’est parce qu’ils jouent toujours avec le même enregistrement et qu’ils ont fini par repérer que deux cartes jumelles n’étaient pas lues exactement de la même façon sur l’enregistrement ? Est-ce qu’ils ont de la chance et si l’autre carte avait été lue, ils auraient commis une faute ? On peut faire beaucoup d’hypothèses, mais la vérité, c’est qu’il y a des gens qui prennent les cartes plus vite et qui le font sans se tromper dans 90% des cas.


On remarque aussi que les personnes qui ont fait de la musique avant de faire du karuta grimpent aussi souvent plus vite jusqu’à B kyu ou A kyu. Et les gens qui ont fait de la musique on souvent une bonne oreille. Mais avoir une bonne oreille ne veut pas dire qu’ils vont avoir un meilleur résultat s’ils font un test d’audition, non. Ce qu’ils sont capables de faire mieux que les autres, c’est de distinguer la différence entre deux notes proches l’une de l’autre. Ils sont capables de faire la différence entre deux sons que la majeure partie des gens pensent être le même. En fait, ils sont capables de faire la différence entre le « ki » de Akika et le « ki » de Akino. On écrit les deux sons ki de la même manière, et de manière isolée, on les prononce pareil, cependant, dans akino, quand on prononce le « ki » qu’on le veuille ou non on se prépare à prononcer le « no », et le « ki » qui prépare un « no » ne sera jamais exactement pareil que le « ki » qui prépare un « ka ». La bouche se positionne de manière différence, car elle anticipe le son suivant et vient très légèrement déformer la manière dont le son précédent est prononcé.

 

 La bonne nouvelle, c’est qu’on peut s’entraîner à ça, on peut utiliser des poèmes découpés juste avant la syllabe déterminante comme ceux que vous pouvez trouver sur ce lien :


 

On peut donc s’entraîner à faire le même entraînement que l’entraînement de réaction, mais en utilisant des poèmes coupés et essayer de retrouver à chaque fois quel était le son suivant.

 

Un humain prononce une syllabe en à peu près 0,2 seconde, et à 0,21 il a déjà commencé à dire la syllabe suivante et à ce moment-là, ça ne sert plus à rien de deviner. Et dans la réalité d’un match de karuta 90% des cartes ne sont pas prises en avance, même sur un match de haut niveau. Mais le fait de mieux entendre et de se douter du son suivant de manière inconsciente vient quand même nous aider pendant les matchs.

 

L’entraînement de kikiwake est donc un entraînement où l’on fait attention à la différence pendant qu’on le fait et qui permet d’acquérir une oreille plus fine qui vient ensuite nous aider pendant les matchs. Par contre si on essaie pendant les matchs de faire la différence en avance comme on le fait quand on fait du kikiwake, on s’embrouille et on se met à faire plein de fautes. Pour résumer pendant le kikiwake on pense de manière active à faire la différence entre les sons, mais pendant les matchs, il ne faut pas essayer de faire la différence entre les sons, si votre cerveau est devenu capable d’entendre un son plus vite, vous le saurez sans avoir à faire d’efforts conscients pour. Dans votre réalité à vous, ce sera comme si vous avez déjà entendu le son alors qu’il n’a pas été prononcé. C’est pour cela que la plupart des gens qui ont un talent inné pour le kikiwake n’ont pas l’impression de prendre les cartes en avance et vous jureront qu’ils ont juste attendu avant de prendre la carte au timing de la syllabe.


Je précise que certains joueurs (même si c’est une minorité) deviennent A kyu sans faire de kikiwake ni conscient ni inconscient, ils compensent tout cela avec des très bons mouvements, une bonne stratégie et des très bons réflexes. Cependant la majorité des joueurs à partir de B kyu font de manière inconsciente du kikiwake dans une certaine mesure. Ce qui devient assez vite frustrant, car si on est très mauvais et qu’on a peu de talent pour le kikiwake on a l’impression de se faire prendre 5/6 cartes dans le match avant même d’avoir pu les entendre.


Une autre précision est bien sûr que de faire le kikiwake avec un seul lecteur ne suffit pas, pour s’habituer aux différentes nuances des différentes voix, il faut utiliser au moins 4 ou 5 lecteurs différents pendant l’entraînement.

Il existe aussi une version du kikiwake qui n’est pas coupé avant la syllabe déterminante, mais avant la deuxième syllabe, en effet si dès le a, on se doute que ce sera aki, cela permet de bouger au bon endroit sur le terrain.


Vous pouvez là retrouver sur ce lien :



Enfin, vous pouvez remporter un tournoi C kyu sans vous soucier le moins du monde du kikiwake et j’en suis la preuve vivante, je n’ai commencé à me soucier de ces considérations et à m’entraîner là-dessus qu’une fois être devenu B kyu.

 

Voilà, je me suis un peu égaré dans des longues considérations sur le kikiwake, j’y ai beaucoup réfléchi et j’avais beaucoup de choses à dire, mais cela ne veut pas dire que tout est vrai et j’aurais peut-être changé d’avis dans quelques années. Par contre les deux premiers entraînements sont vraiment solides. Le premier entraînement de mémorisation j’avais vu une Queen éternelle faire une démonstration en live en moins de 3 minutes il y a quelques années et j’avais vraiment trouvé ça très impressionnant et le deuxième entraînement m’a été recommandé par plusieurs personnes dont Kumehara qui a été 3 fois Meijin, donc je ne peux que vous les recommander surtout qu’on peut en faire chacun de ces entrainements en une dizaine de minute, ils sont donc facile à intégrer à une routine quotidienne.

 

Merci de m’avoir lu, et à bientôt pour un nouvel article !

 

Gabriel le 27/07/2026

 

 

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