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La stratégie : s’adapter à son adversaire.

  • francekaruta
  • 30 juil.
  • 5 min de lecture

Bienvenue dans ce nouvel article de karuta !


On entend souvent dire que le karuta est un jeu de stratégie, mais pourquoi est-ce le cas ? Pourquoi n’est-ce pas seulement un jeu de vitesse où la personne qui prend la carte le plus vite gagne ?


Qu’est-ce qui fait qu’on joue au karuta contre un adversaire et qu’on peut s’adapter en fonction de ce qu’on observe dans le jeu de ce dernier ?

 

Pour moi il y a 3 points important :


1 – L’envoi et le déplacement des cartes

2 – Observer l’adversaire et s’adapter

3 – La fin de partie

 


1 – L’envoi et le déplacement des cartes

 


Pour commencer, vous pouvez simplement observer si votre adversaire arrive à mieux prendre vos cartes à droite ou à gauche, peut-être qu’il vise plus l’un des deux côtés. Dans ce cas-là, le simple fait de d’envoyer en priorité les cartes du côté que votre adversaire est en train de viser, et peut-être de déplacer de l’autre côté de votre terrain la carte qui sert d’ancrage à votre adversaire, c’est à dire la carte qu’il vise le plus sur le côté qu’il est en train de viser, cela va couper l’attaque de votre adversaire. Il peut bien sûr se mettre à viser l’autre côté, mais il va devoir arrêter de faire quelque chose avec lequel il était à l’aise pour faire quelque chose de nouveau, et cela va très probablement le couper dans son élan.

 


Ensuite, il y a bien évidemment l’envoi des cartes. Séparer ses cartes jumelles est en général une bonne idée. Cependant, il est intéressant de comprendre pourquoi c’est une bonne idée. La plupart du temps, notre adversaire vise les cartes jumelles qui sont sur notre terrain car, en tant que jumelles, elles deviennent des cartes à une ou deux syllabes et ont deux fois plus de chance de sortir que les autres, vu que la paire de jumelle est composée de deux cartes. Le fait de casser cette paire en deux va permettre de couper un des points d’ancrage dont votre adversaire se servait pour attaquer votre terrain. Donc, en appliquant le même principe, même si ce ne sont pas des jumelles qu’on sépare, si vous voyez que votre adversaire a une carte qu’il aime bien chez vous, qu’il vise et sur laquelle il réagit bien, je vous conseille fortement de lui envoyer cette carte. C’était une carte qu’il avait envie de prendre de votre côté, maintenant qu’elle est chez lui il ne peut plus la viser, et s’il l’a trop bien mémorisée chez vous il peut même faire une faute.


D’ailleurs, même si cela n’a pas grand-chose à voir avec la stratégie, il faut vraiment faire attention aux cartes qui se déplacent. Oublier une carte qui s’est déplacé et toucher l’ancien emplacement peut coûter très cher. Si c’est une faute qu’il vous arrive de faire de temps en temps, je vous conseille de viser la carte pendant deux cartes de suite après un envoi de carte. En résumer, réviser fortement au moment où elle bouge et une deuxième fois pendant la pause à la carte d’après pour vraiment bien fixer la nouvelle position. De manière générale, il faut réviser davantage les cartes qui bougent que l’ensemble des cartes et être toujours sûr d’avoir bien en tête les 5/6 dernières cartes qui se sont déplacées.

 


2 – Observer l’adversaire et s’adapter.

 


L’adversaire sera forcément plus ou moins offensif ou défensif ; c’est d’abord important de l’identifier. Pour cela, vous pouvez regarder sur quelles cartes il est le plus rapide, quels mouvements il fait sur les cartes mortes et comment il se positionne par rapport au terrain. Un adversaire 100% offensif aura du mal à défendre et les cartes les plus gratuites se trouvent chez lui. Un adversaire 100% défensif aura du mal à vous prendre vos cartes et donc vous pouvez probablement prendre vos cartes même si vous ne faites aucun effort et que vous n’y pensez pas du tout et consacrer ainsi 100% de votre attention sur son terrain. (Alors qu’en général, pour un karuta offensif, on est plus à 80% d’attention sur le terrain adverse et 20% chez soi.)


Il existe deux types d’adversaires, ceux qui restent immobiles et écoutent, et ceux qui sortent leur main (てだし). Parfois, un adversaire qui sort sa main peut nous bloquer et dans ce cas, sortir également sa main peut être un bon moyen de ne pas se retrouver paralysé. J’ai eu comme ça un adversaire qui sortait sa main à ma droite dès les premières cartes pendant un tournoi ; je me suis mis à faire exactement la même chose que lui, et, finalement, j’ai gagné de 15 cartes car plutôt que d’essayer de défendre là où il sortait sa main, j’ai contre-attaqué du côté opposé.


Il y a beaucoup d’autres choses que vous pouvez faire pour vous adapter au karuta, mais le principe reste toujours le même, observer votre adversaire, voir où il est à l’aise et ce qui le met dans son élément et trouver une manière de le sortir de cet élément-là.

Bien sûr, toutes les stratégies ne sont pas souhaitables, sortir sa main jusqu’à la ligne du bas de l’adversaire dès le tout début de la partie rendrait un entraînement très désagréable et augmenterai les risques de blessure. Déplacer plus de 5-6 cartes dans le début et milieu de jeu rend la qualité de la mémorisation des deux joueurs mauvais et conduit à une partie d’un piètre niveau qui ne fera faire des progrès ni à un joueur ni à l’autre. Ce genre de tactiques est donc à proscrire à l’entraînement et à utiliser avec une grande prudence en tournoi.

 


3 – La fin de partie


 

En fin de partie, il est généralement plus difficile de prendre les cartes juste avec sa mémoire. Il peut donc être intéressant de se mettre à viser les cartes.

Il y a 3 possibilités pour viser les cartes :


1-     Faire partir sa main au-dessus d’une carte ou vers une carte dès le début de la lecture.

2-     Regarder une carte avec ses yeux.

3-     Penser très fort à une carte.


A moins de vouloir absolument prendre une carte chez votre adversaire qu’il est en train de défendre, je vous déconseille d’appliquer les 3 méthodes en même temps sur la même carte, et notamment en défense. Si vous sortez votre main au-dessus de vos cartes, que vous regardez vos cartes et que vous pensez à vos cartes, au moindre coup de pression de la part de votre adversaire, ce sera la faute garantie. Quand on défend, c’est bien de penser à ses cartes et de mettre la main au-dessus, mais il est conseiller de regarder ailleurs pour ne pas être influencé par la main de l’adversaire et ne pas faire de faute, et en plus si la carte que vous regardez est lue vous avez de grandes chances de réussir à la prendre.


Sinon en attaque, vous pouvez par exemple sortir et regarder un côté du terrain adversaire tout en pensant à l’autre. Vous pouvez même aller plus loin et diviser votre attention en 3, sortir votre main chez l’adversaire, regarder son côté opposé tout en pensant à une de vos cartes.


Toutes les combinaisons sont possibles, et bien sûr, il faut savoir anticiper et s’adapter à ce que fait son adversaire. S’il vise à 100% un des coins, prendre les 3 autres en divisant en 3 son attention peut par exemple s’avérer très payant. Dans tous les cas, je vous conseille d’expérimenter avec les combinaisons de ces 3 méthodes pour viser les cartes et de voir ce qui vous correspond le mieux en fonction des différentes situations de fin de partie.

 

Voilà pour ce petit article sur la stratégie au karuta,


J’espère que vous aurez au moins appris une ou deux choses et je vous dis à très bientôt pour un nouvel article.

 

Gabriel le 28/07/2026



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